Jean-Louis Debré plante un nouveau clou au cercueil du régime de Bouteflika

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Jean-Louis Debré a été reçu en audience le 5 décembre 2015 par le président Bouteflika.

Après le tweet «assassin» du Premier ministre français Manuel Valls, c’est au tour de Jean-Louis Debré, ex-président du Conseil constitutionnel, de soulever, dans un livre, des interrogations inquiétantes sur la capacité du président Bouteflika à diriger l’Algérie.

La santé vacillante du président Abdelaziz Bouteflika revient sous les feux de l’actualité. Et cette fois, c’est un éminent expert du droit constitutionnel, Jean-louis Debré, président du Conseil constitutionnel français (2007 à 2016), qui enfonce le clou en provoquant de «graves interrogations» sur la capacité du locataire du Palais El Mouradia à diriger l’Algérie.

Dans son livre qui vient de paraître sous le titre « Ce que je ne pouvais pas dire », Jean-Louis Debré, ex-président de l’Assemblée nationale française, dévoile le contenu de son entretien avec Bouteflika le 5 décembre 2015 à Alger et dresse un diagnostic sans appel de l’état d’un président complètement diminué par la maladie. «Il m’accueille dans son Palais, situé un peu en dehors du centre d’Alger, très fortement et visiblement protégé. Une résidence médicalisée, me dit-on, (Ndlr: résidence de Zeralda, située dans la périphérie d’Alger). Il est tassé dans son fauteuil, très essoufflé, la voix faible. Un petit micro collé contre sa bouche permet de mieux entendre ce qu’il dit. Il a bient des difficultés pour s’exprimer. A plusieurs reprises, il doit s’interrompre pour boire une gorgée d’eau. Il me faut être particulièrement attentif pour réussir à le comprendre», décrit Jean-Louis Debré, avec la précision d’un médecin et un franc-parler de ceux qui n’ont plus rien à perdre.

La photo tweetée par Valls et qui fait toujours grincer des dents à Alger.
La photo tweetée par Valls et qui fait toujours grincer des dents à Alger.

Le président-fantôme

«C’est la question que je me pose tout au long de cette soirée. Il est à l’évidence bien informé des affaires internationales. Mais cet homme épuisé après moins d’une heure d’entretien, à l’élocution difficile, n’est-il qu’un paravent derrière lequel se cachent des hommes ou des clans soucieux de garder le pouvoir le plus longtemps possible ?», s’interroge l’ancien ministre français de l’Intérieur, confirmant ainsi les inquiétudes largement partagées, en Algérie comme partout ailleurs, quant à l’inaptitude de Bouteflika à diriger un pays de 40 millions d’habitants miné par une crise politique et économique sans précédent, en raison de la vacance institutionnelle et la chute des cours de pétrole (96% du volume des exportations).

 
Bouteflika et les « insultes » du Maroc
Jean-Louis Debré, éminent connaisseur des questions maghrébines, dévoile également des confidences étonnantes qui lui ont été faites par le président Bouteflika au sujet des relations maroco-algériennes. « Il a été aussi question dans notre échange des rapports entre l’Algérie et le Maroc, qu’il qualifie de «déplorables». Bouteflika se demande devant moi pourquoi les responsables marocains ne cessent pas d’insulter l’Algérie et son chef… Tandis que notre entretien se termine, je constate qu’il a de plus en plus de mal à parler. Sa respiration est hachée, il est fatigué ». Fatigué, autant que le régime autocratique qu’il a mis en place et qui a valu à son pays, malheureusement, et à son entourage, pour ne pas parler de toute la région, autant d’occasions ratées pour le développement et le bien-être. Dommage!

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