Comment un ticket gagnant de loto a pourri la vie d’un MRE

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Nous sommes en 1985. Ahmed Allay est un jeune doctorant marocain vivant en France. Il décide un jour de jouer au loto pour tenter sa chance. Bingo ! Il remporte le gros lot : 600 000 euros. Malheureusement, le jour où il va souhaiter récupérer son argent, la Société de la Loterie Nationale va l’accuser d’escroquerie. Retour sur comment un ticket gagnant de loto a pourri la vie de ce MRE.

C’est une histoire assez incroyable qui est arrivée à ce MRE installé en France depuis les années 80 et dont se fait l’écho le quotidien le Parisien dans un article paru le 3 février dernier. Nous sommes en 1985. A cette époque, Ahmed Allay est étudiant. Il prépare une thèse à l’école des Mines de Nancy. Il est également enseignant en physique et en chimie. Un poste qui lui rapporte un salaire de 1500 euros par mois. Ayant une carte de séjour temporaire, il vit à Nancy avec sa femme, vendeuse et leur petit garçon.

Un bonheur de courte durée

Tout se passe bien pour la famille. Elle n’a besoin de rien. Ahmed Allay confie même au journal qu’à cette époque il n’avait aucun problème financier.

Cependant, la vie de la famille va devenir un véritable calvaire le jour où Ahmed met le pied dans un bureau de tabac pour tenter sa chance au loto en mars 1985. Quelques heures après avoir validé son ticket, il découvre dans le journal les 6 bons chiffres qu’il a joués. Et ce n’est pas une toute petite cagnotte. Il remporte la coquette somme de 600 000 euros. Heureux d’avoir remporté autant d’argent, il se rend au bureau de tabac pour montrer son ticket et connaitre la procédure pour réclamer son argent. Malheureusement, le bonheur d’Ahmed Allay est de courte durée. Le buraliste lui dit qu’il n’a pas été informé de son gain. Plus tard, ce dernier lui annonce que la Société de la Loterie Nationale n’a pas enregistré son gain alors qu’Ahmed a le ticket qui prouve qu’il a bien joué. La Société lui propose donc de lui rembourser le prix de son ticket. Chose que refuse Ahmed Allay.

Emprisonné…alors qu’il est innocent !

Il décide donc de prendre un avocat pour réclamer ce qu’il considère comme étant son dû. Néanmoins, les choses s’enveniment et la Société de la Loterie Nationale l’attaque en juin 1985 pour tentative d’escroquerie. Elle l’accuse d’avoir truqué son ticket. Débute ainsi une procédure judiciaire contre Ahmed.

Le 23 mars 1987, il est relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy au bénéfice du doute. Alors qu’il pense que tout est terminé, revirement de situation 6 mois plus tard, où il est condamné en appel. Le président du tribunal lui lance même « Ca ne servait à rien de nier…Vous avez été ingrat envers votre pays d’accueil ». Il écope d’une peine de prison de 18 mois ferme. Le jour où il doit se rendre au Maroc pour des vacances, il est arrêté par la police à l’aéroport d’Orly. Il est écroué à Fresnes dans le Val-de-Marne puis dans une autre prison de l’Est de la France. Comme un malheur n’arrive jamais seul, sa femme le quitte, puis le couple divorce.

Retraité aujourd’hui et âgé de 61 ans, Ahmed Allay ne peut oublier ce qu’il a vécu il y a près de 30 ans. Surtout qu’il découvrira quelques années plus tard après son emprisonnement, avec un nouvel avocat, plusieurs pièces du dossier qui auraient pu l’innocenter depuis le départ et notamment une fiche signée par le buraliste certifiant que son vote avait bien été comptabilisé.

A quatre reprises, il a demandé que son jugement soit révisé afin d’être reconnu innocent aux yeux de la justice française et qu’il retrouve sa dignité. Mais sans succès. Son unique et dernier espoir est la ministre française de la Justice. Il lui a demandé qu’elle intervienne pour la révision de son procès. Remarié et père de trois autres enfants, Ahmad Allay ne vit aujourd’hui que grâce aux aides sociales alors qu’il aurait pu, toutes ces années fructifier son argent qu’il avait gagné.

Source: Yabiladi

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