Des éléments de la gendarmerie royale louaient des équipements ultra-sophistiqués, utilisés dans le cadre de la sécurité informatique, à des réalisateurs pour les besoins de leurs tournages. Le manège a été porté à la connaissance du roi qui a demandé une enquête.

Des éléments de la gendarmerie royale, dont des gradés, s’adonnaient depuis quelque temps à une activité bien particulière pour arrondir leurs fins de mois. Ils louaient à des particuliers des équipements ultra-sensibles de tournage et d’enregistrement vidéo. Il n’en fallait pas plus pour que la gendarmerie royale s’attire une colère mémorable du roi, rapporte le quotidien Akhbar Al Yaoum dans son édition des 9 et 10 juillet.
Selon le journal, tout a commencé lors d’une récente visite du roi en France. Le souverain a été approché, lors d’un de ses nombreux et rituels contacts avec les MRE, par un metteur en scène qui s’est plaint auprès de lui de la cherté des frais de location des équipements pour les tournages pratiqués par le gendarmerie.
Au retour du souverain au Maroc, une enquête a été menée par une commission ad hoc. Ses premiers résultats ont confirmé les faits et il s’est avéré que des réalisateurs marocains avaient souvent recours à la gendarmerie pour se procurer ces équipements pour les besoins de tournage de films ou de programmes télévisés.

En conséquence, un haut gradé, un général plus précisément, responsable du parc des équipements électroniques a déjà écopé d’une mise à pied. D’autres éléments, dont le journal n’a pas précisé le grade, ont également été sanctionnés.

Ces équipements très prisés par les professionnels sont tout ce qu’il y a de plus sophistiqué, mais aussi de plus cher, au Maroc. Ils sont exclusivement réservés à l’usage interne de la gendarmerie, selon une source citée par le journal. Leur usage par des personnes n’appartenant pas à ce corps est strictement interdit, ajoute la même source. D’où cette colère royale.

De plus, ces équipements loués à n’importe qui pouvaient être abîmés ou voir leurs composantes changées ou altérées de manière  qui risque de réduire leurs performances. Pire encore, ils pouvaient être trafiqués et présenter, ainsi, un danger pour ce corps ou pour des personnalités publiques. Surtout s’ils tombent entre des mains étrangères malveillantes. En d’autres termes, ce sont des équipements utilisés dans le cadre de la sécurité informatique du corps de la gendarmerie qui ne peuvent donc être manipulés que par des éléments de ce corps.

C’est sans doute ce qui explique l’ampleur de la colère royale qui dépasse le cadre de quelques éléments déjà sanctionnés et dont l’avenir reste incertain. En ce sens, explique le journal, le commandement général de la gendarmerie a donné des ordres à toutes les brigades pour se faire discrètes lors des déplacements royaux en dehors des périmètres urbains.

Concrètement, les éléments de la gendarmerie se présentent sur les lieux de passage du souverain, routes, ponts… sécurisent les lieux et s’éclipsent un quart d’heure avant le passage du cortège royal, sur ordre du commandement régional duquel ils relèvent.

Cela s’est passé à plusieurs reprises, lors de la visite royale à Fès, à Casablanca ou encore à Rabat. Les forces auxiliaires prennent la relève pour assurer la sécurité de l’itinéraire après le retrait des gendarmes. C’est une première dans l’histoire du Maroc, affirme le journal. Cette situation a duré jusqu’à la fin du mois de Ramadan. Depuis, les ordres ont changé et la gendarmerie est de nouveau visible sur l’itinéraire du cortège royal dont elle assure la sécurité.

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