Faux policiers, mais vrais malfrats

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Mardi dernier, la police judiciaire de Mohammedia a mis hors d’état de nuire une bande de sept personnes, coupables de kidnapping, séquestration, vols, viols et recel. Pour commettre ses forfaits, la bande se déguisait en policiers, avec des véhicules portant un sigle de la police.

Faux policiers, mais vrais malfrats. Cette méthode d’arnaque est devenue classique dans le banditisme, où certains individus ne reculent devant rien. A l’image de ce gang criminel de faux policiers, récemment démantelé à Mohammedia après une succession de plaintes qui relèvent toutes d’un même modus operandi, selon des informations plus ou moins concordantes rapportées par les quotidiens Assabah et Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 16 mars.

 

A l’aide d’une voiture dont la plaque minéralogique était frappée de la lettre rouge (en arabe) de la police, cinq hommes se plantaient régulièrement, à partir de 23h, sur l’un des axes sis à El Alia, quartier surélevé de Mohammedia. Là, relate Assabah, le chauffeur du véhicule garé au bord de la route se chargeait de faire débiter en continu la voix de policiers communiquant par radio, voix préenregistrées sur une clé USB. Pour faire croire davantage à un barrage de la police, les quatre complices étaient habillés de fausses tenues, semblables à celles de la police marocaine, et armés de matraques. Passants, motorisés ou piétons, n’hésitaient donc pas à répondre à l’injonction de s’arrêter, sous prétexte d’un contrôle de sécurité.

 

Et gare aux couples! Car selon le journal, plusieurs femmes, le plus souvent des serveuses ou des employées qui rentraient tardivement de leur travail accompagnées d’un collègue, ont été emmenées par les faux policiers dans un talus non loin de l’autoroute Casa-Rabat, violées par les cinq lascars à tour de rôle, avant d’être dépouillées de tous leurs biens. Assabah précise que huit femmes au total ont été violées par la même bande.

 

C’est finalement la plainte d’un cafetier qui ramenait une employée chez elle, et qui a été obligé par la fausse unité de police d’aller chercher sa carte nationale oubliée au café, pendant que la pauvre femme était embarquée pour subir le calvaire du viol et du vol, qui a fait réagir la PJ de Mohammedia. Revenu sur les lieux quelques minutes plus tard, le cafetier n’y a trouvé personne. Il s’est alors rendu au commissariat de police pour chercher sa collègue, qui n’y était pas non plus. Il a alors raconté sa mésaventure aux agents intrigués qui, en entendant à nouveau parler d’une unité de la police, ont compris qu’ils avaient affaire à une dangereuse bande criminelle.

 

Pour sa part, Al Ahdath ajoute qu’il a fallu une seule embuscade tendue par la police, la vraie celle-là, pour que la bande tombe. Après leur arrestation, mardi dernier, ils ont dévoilé l’identité de deux autres complices à Aïn Harrouda qui leur servaient de receleurs pour tous les objets volés (smartphones, bijoux…). Les sept lascars ont été présentés ce jeudi au procureur de roi à Mohammedia. Accusés de séquestration, vols, viols, ils risquent très gros pour cette usurpation de fonction de policiers.

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