Cocaïne saisie par le BCIJ, estimée à 2,75 milliards de dollars

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Au cours d’une conférence de presse dédiée à cette saisie historique de 2,5 Tonnes de cocaïne au Maroc, le patron du BCIJ Abdelhak Khiame a révélé que la valeur marchande de cette drogue dure introduite au Maroc par la même bande est estimée à 2,75 milliards de dollars, soit l’équivalent de 25 milliards de DH. Selon lui, cette énorme quantité de drogue quasi-pure était stockée depuis au moins 2014, date de la saisie à Marrakech de 226 kilogrammes de la même substance.

 

Cette marchandise composée de plus de 2.500 paquets d’un poids d’un kilogramme chacun sera détruite en présence d’une comission conjointe police judiciaire-santé publique-Justice.

Soigneusement emballés, les ballots sont tous frappés d’un logo qui, selon Khiame, porte la marque des grands cartels sud-américains, soit colombiens soit mexicains. Confrontés à un contrôle plus strict pour écouler leur marchandise sur le marché européen, ces groupes criminels très organisés choisissent désormais de faire entrer la drogue dans des pays africains avant de l’exporter en Europe. En 2016, le BCIJ avait saisi 1,2 tonne de cocaïne à bord d’un bateau voguant au large de Dakhla et en provenance d’Amérique du sud.

Cette cocaïne a un taux de concentration de 93% contre 72% pour les précédentes prises. Une fois mélangée à des produits de coupe comme c’est la pratique, cette quantité sera multipliée par 5 ou 6 ce qui veut dire que sa valeur marchande sera elle même multipliée, précise Khiame qui ajoute qu’au final c’est plus de 10 tonnes de cocaïne qui ne se retrouveront pas chez le consommateur final marocain ou européen.

Le point de départ de la drogue saisie est le Venezuela mais l’enquête n’a pas encore déterminée si elle avait été produite en Colombie ou en Bolivie. Elle a été livrée en haute mer par des bateaux de pêche ou des particuliers puis introduite au Maroc au niveau de l’extrême sud du pays. Elle remonte ensuite vers le nord du Maroc en passant par des villes comme Fès, Meknès, Casablanca, Tanger ou Nador.

Les cerveaux du trafic qui sont originaires d’Al Hoceima et de Nador ont acheté des fermes à Azzemour et Oued Cherrat pour entreposer leur cargaison avant de la dispatcher au Maroc et vers l’Europe. Ils comptaient la couper pour ensuite distribuer environ 150 kg sur le marché local et le reste vers les grandes capitales européennes à l’aide d’une dizaine de véhicules qu’ils avaient achetés.

Une partie devait être exportée clandestinement (Espagne, Hollande, Allemagne et… Emirats Arabes Unis) et l’autre était destinée aux consommateurs marocains.

L’enquête a démarré en 2014 et s’est poursuivie depuis cette date. En 2014, 226 kilos de cocaïne avaient été saisis à Marrakech. Deux personnes avaient été arrêtées et condamnées. Depuis cette date, elles croupissent en prison. L’un de ces deux détenus s’est avéré être le « cerveau » du trafic.

Une fois interpellé, le reste de la cellule avait mis en veille ses projets de trafic, ce qui veut dire que les 2,5 tonnes sommeillaient depuis cette date. Surveillés discrétement depuis lors, les présumés trafiquants avaient repris leurs activités à partir du 25 septembre dernier ce qui a permis de les arrêter une semaine plus tard.

13 autres personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette saisie intervenue cette semaine dans les deux fermes de Skhirat près de Oued Cherrat. Parmi les personnes arrêtées, figurent des binationaux maroco-néerlandais ou maroco-espagnols.

M. Khiame a insisté sur la coordination étroite entre le BCIJ et la DGST qui a fourni les informations précises ayant permis le démantèlement de cette bande internationale de trafic de drogues dures.

Si cette saisie historique est une excellente nouvelle dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants, elle montre aussi que le Maroc, proche de l’Espagne, devient une destination incontournable pour des trafiquants qui veulent exporter leur marchandise en Europe mais aussi écouler une partie sur le marché des consommateurs marocains.

Interrogé par Médias24, M. Khiame nous a affirmé que la valeur marchande des produits saisis concerne la totalité des produits introduits par cette bande depuis quelques années, c’est-à-dire 5,4 tonnes de cocaïne à taux de concentration très élevé. En multipliant par 5 ou 6 la quantité, après avoir coupé le produit initial, on obtient plus de 30 tonnes de cocaïne.

 

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