Comprendre l’absence du Maroc à la Marche de Paris

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Pour beaucoup de médias français, la non-participation de Salahedine Mezouar à la marche républicaine de Paris a été considérée comme « une incohérence avec la position du Maroc de lutte contre le terrorisme ». La réalité, c’est qu’il s’agit d’une position cohérente que les alliés du royaume comprennent.

Radio France International (RFI) a consacré un article à l’absence du Maroc de la marche républicaine à Paris, tenue dimanche 11 janvier. La station rapporte que «certains commentateurs y voient une incohérence avec la position du Maroc de lutte contre le terrorisme, d’autres estiment qu’il s’agit d’un prétexte avancé dans un contexte de tensions diplomatique». Mais ce n’est qu’à la fin du papier que la plume du journaliste de RFI vise juste: «la position intransigeante du Maroc sur la question des représentations du prophète pourrait aussi trouver une explication intrinsèque à la Constitution marocaine. Le roi Mohamed VI y est désigné comme commandeur des croyants, et descendant du prophète Mahomet».

Effectivement Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères, est un émissaire du roi Mohammed VI, commandeur des croyants. En tant que descendant du prophète, le souverain ne pouvait cautionner la présence d’un représentant officiel du royaume dans une marche où des centaines de dessins, de caricatures et de slogans hostiles au prophète Mohamed ont été brandis. Le département des Affaires étrangères avait d’ailleurs prévenu que le ministre Mezouar serait contraint de se retirer si des représentations du prophète venaient à être brandies dans cette manifestation.

La position de Rabat est cohérente et elle n’enlève rien à la condamnation exprimée par le royaume face à cet acte terroriste abjecte. L’article de RFI lui-même le rappelle: «Salaheddine Mezouar avait fait le déplacement à l’Elysée le matin même» pour présenter au nom du Maroc et son roi les condoléances au président François Hollande. Et peut-être faudrait-il aussi souligner que royaume a été l’un des premiers pays à avoir condamné les attentats terroristes ayant visé, tour à tour, le siège du journal Charlie Hebdo, un agent de la police municipale de Montrouge, et une épicerie Casher.

La position du Maroc est d’autant plus salutaire que sa diplomatie aurait pu céder à l’émotion et se mettre en contradiction avec les valeurs fondamentales de notre pays et les piliers de l’unité de la nation. Les partenaires du royaume respectent et comprennent parfaitement la posture de Rabat et n’ont pas évidemment une once de doute sur l’implication du royaume en matière de lutte anti-terroriste. Ni sur sa volonté et sa disponibilité de collaborer dans ce domaine avec tous ses alliés qui le considèrent comme partenaire à part entière…

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