Maroc: Menace d’effondrerment de pre de 26% des ponts

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neonaziDeux jours après les inondations survenues au sud du Maroc, la situation des infrastructures a été mise à nue.

Sur les 7.500 ponts que compte le Maroc, 200 menacent de s’effondrer. 800 sont dans une situation déplorable et nécessitent une intervention urgente. 200 autres ne peuvent supporter une lourde charge. Ces chiffres ont été révélés par Najib Boulif, ministre délégué au Transport.

S’il reconnaît qu’il y a encore « des routes dans un état lamentable qu’il faudrait revoir », il estime cependant qu’il ne faut pas incriminer le gouvernement actuel « à cause d’une situation qui dure depuis l’indépendance ». Cette sortie médiatique fait suite aux déclarations controversées de ses collègues au gouvernement. Des arguments qui ne passent pas auprès de l’opinion publique.

Le naufrage du gouvernement 

« Le pont qui s’est effondré près de Taliouine n’avait pas encore été livré par l’entreprise chargée de ce projet », a déclaré de son côté Abdelaziz Rabah, ministère de l’Équipement au Parlement. Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, a ajouté que « les conducteurs des transports interurbains ont une grande part de responsabilité dans les drames qui ont eu lieu ». Des déclarations dénoncées par la presse marocaine.

Les éditions du mardi de plusieurs quotidiens ont dénoncé des carences dans la gestion des inondations et des infrastructures « défaillantes », après les récentes intempéries qui ont fait au moins 36 morts dans le sud du pays, alors qu’une nouvelle alerte météo avait été lancée.

Ce responsable a également signalé que près de 500 personnes au total avaient été secourues lors de ces inondations. 40.000 familles sont toujours sans électricité. Le quotidien Aujourd’hui le Maroc s’est interrogé sur l’absence de mesures d’urgence avant ces « 48 heures de cauchemar ». « Il ne suffit plus de dire aux gens, ‘attention ça va pleuvoir fortement et puis débrouillez-vous’ (…) Pourquoi n’a-t-on pas relevé le niveau d’alerte? Pourquoi n’a-t-on pas évacué les personnes vivant à proximité des oueds (rivières)? », a écrit le journal dans un éditorial.

Al-Akhbar a, lui, relayé les critiques de villageois sur les « infrastructures défaillantes ». Ceux-ci affirment avoir déposé après de précédentes inondations, « des dizaines de recours et pétitions auprès des responsables locaux », mais « sans suite ».

Cité par Libération, le quotidien du principal parti socialiste, Abdelwahab Belfkih, président de la commune de Guelmim, secteur le plus touché, assure avoir « adressé des centaines de lettres » à des départements ministériels « afin de procéder aux travaux d’entretien et de restauration des infrastructures routières, en vain ». « Inondations: des intempéries et des négligences », titrait L’Économiste, selon qui « 400 points à risque » ont été identifiés dans le cadre d’un « plan national de protection contre les inondations ». Mais ce plan est « à la peine », et pour les seuls 50 sites « prioritaires », le montant des investissements est de six milliards de dirhams.

Le scandale du camion-poubelle

Pour Al Ahdath al-Maghribia, les moyens de secours se sont également avérés insuffisants. Le quotidien affirme qu’un camion- poubelle a dû être utilisé pour transporter des cadavres. Des centaines de familles ont protesté contre « la gestion locale » et « la corruption », à l’origine, selon elles, des défaillances constatées, selon le journal. Les médias ont enfin souligné qu’une nouvelle tempête était prévue en fin de semaine dans le sud. Une alerte météo pour des précipitations pouvant atteindre 120 mm a été publiée. Profitant de l’accalmie, des hélicoptères de la gendarmerie royale ont effectué des rotations pour acheminer de l’aide alimentaire à quelque 650 foyers de la région montagneuse de Tighdouine, à 50 km de Marrakech, selon les autorités.

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