Un caid poursuivi pour torture

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21-1En médaillon, le désormais ancien caid Tarik Hajjar

 

Le caid Tarik Hajjar, qui avait tondu le jeune qui s’est suicidé en avril dernier à Benslimane vient d’être écroué à Oukacha en attendant d’être jugé pour torture.

En avril dernier, un caid à Sidi Bettach (province de Benslimane) n’a pas trouvé mieux que d’ordonner à des mokhaznis de tondre un jeune de ce village. Ahmed El Bihaoui, la victime, est rentré chez lui, refusant de prendre son repas du soir et a été retrouvé par sa famille, au petit matin, pendu dans l’étable. Aujourd’hui, c’est au tour de son présumé bourreau, le caid Tarik Hajjar, de devoir rendre compte devant la justice. Cette poursuite judiciaire fait la Une des principaux titres de la presse arabophone de ce mercredi 10 septembre. « La torture mène le caid de Sidi Bettach à Oukacha », titre ainsi Assabah qui explique que la poursuite a été décidée, le 8 septembre, par le procureur général du roi près la cour d’appel de Casablanca après l’arrestation et l’interrogatoire effectués par les officiers de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). De ce fait, explique le quotidien, le caid (âgé de 30 ans) sera déféré devant un juge d’instruction et éventuellement poursuivi en vertu de l’article 231 du code pénal réprimant la torture et les traitements humiliants ou dégradants.

« La police arrête le caid de Sidi Bettach et de lourdes accusations l’attendent », lit-on en effet sur la manchette de Akhbar Al Yaoum qui parle d’un fait sans précédent. Le journal rappelle que, suite au suicide du jeune de Sidi Bettach, des mesures administratives ont été prises contre le caid. Traduit devant un conseil de discipline, il avait été suspendu de ses fonctions par son administration (le ministère de l’Intérieur). Sa responsabilité ayant été établie dans le suicide d’Ahmed El Bihaoui, c’est le parquet qui s’est saisi de l’affaire pour les besoins de l’enquête. Al Akhbar, revient également sur la vie et les antécédents de la victime. Il affirme qu’il étaitt un repris de justice et que des comprimés psychotropes et une bouteille d’eau-de-vie avaient été trouvés près de lui le matin où sa mère l’avait trouvé pendu dans cette étable.

Le suicide du jeune de Sidi Bettach, cueilli par des éléments des forces auxiliaires lors d’un moussem local sur ordre de l’agent d’autorité, avait plongé cette localité et le pays entier dans la stupeur. Tarik Hajjar n’en serait d’ailleurs pas à ses premiers tristes « faits d’arme » puisqu’il aurait à son actif plusieurs actes légalement répréhensibles datant de l’époque où il était en poste à Témara. Au moment des faits, son père, le général Haddou Hajjar (patron des forces auxiliaires pour la zone Nord) a été relevé de ses fonctions et mis à la retraite. Lui-même suspendu, tout le monde croyait que l’on n’entendrait plus parler des Hajjar. Mais voilà que la justice se saisit de l’affaire et compte bien, pour donner pleinement l’exemple, aller jusqu’au bout.

Source:le360

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