Portrait d’un MRE originaire du Rif qui a hissé le drapeau de Daach à Al Hoceima

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Dans le cadre de la veille anti-terroriste, les forces de l’ordre ont interpellé un Marocain installé en France qui a hissé, sur le toit de sa maison à Beni Bouayyach, l’étendard noir de Daach. Portrait d’un MRE originaire  du Rif  séduit par Daech.

Il s’appelle Abdelmalek Al Makrini. Il a été arrêté le 22 août, cinq jours après avoir hissé, sur le toit de la maison de ses parents à Béni Bouayyach, dans la région d’Al Hoceima, l’étendard noir frappé de l’inscription de l’unicité adopté par l’Etat islamique (EI).

Rentré au pays le 13 août, en compagnie de sa mère et de son oncle maternel, il a été auditionné, à Casablanca, par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) qui mène l’enquête sur ses relations avec les djihadistes dans les zones de conflit et sur les véritables motivations de sa glorification de l’EI.

Abdelmalek Al Makrini a affirmé qu’il avait acheté l’étendard dans une librairie de Lille à 20 euros. Il a ajouté que le fait de le hisser sur le toit de sa maison était dicté par sa fierté d’appartenir à la Oumma islamique. Et de préciser qu’il a fait la même chose en France, fin juillet, sans qu’il soit inquiété par les autorités françaises.

Rencontre avec un djihadiste franco-algérien sur Facebook

Al Makrini, qui voulait rejoindre les rangs de l’armée d’Abou Bakr el-Baghdadi, est natif de la ville de Lomé, dans la région de Lille, en France, selon des sources proches de l’enquête.

Issu d’une famille rifaine conservatrice, il a dès son jeune âge commencé à s’acquitter de ses devoirs religieux. Il fréquentait la mosquée « Annour » dans sa ville natale, où il assistait à des cours de théologie et consultait des documents traitant de sujets religieux.

Rien de méchant jusque-là, mais le parcours d’Al Makrini va connaître un tournant après la vague des résurrections du Printemps arabe. C’est à cette période qu’il va commencer à suivre de près l’actualité des pays secoués par la violence, dont la Syrie.

Sa recherche va le mener vers des pages dédiées au jihad. Au cours de l’été 2013, Al Makrini va faire la connaissance, via Facebook, d’un certain Naïm, un djihadiste franco-algérien qui combat actuellement en Syrie. De fil en aiguille, les langues se délient et son nouvel ami commence à le convaincre du devoir du jihad. Il le met ensuite dans la confidence au sujet de son projet de rejoindre les moujahidine dans la ville d’Ar-Raqqa en Syrie.

En janvier 2014, c’est le même Naïm qui contacte Al Makrini pour lui raconter les péripéties de son voyage en Syrie avec deux autres jihadistes. Il lui décrit le trajet qu’ils ont emprunté, la formation paramilitaire qu’il a reçue avec d’autres candidats francophones au jihad.

Il lui a par la suite envoyé des photos de lui posant avec des armes en mettant en exergue les exploits de la milice dont il fait partie. C’était sa manière à lui de le convaincre de rallier les rangs des jihadistes. Tombé dans le piège de son ami Naïm, il était sur le point de partir en Syrie, si ce n’est que sa sœur l’a fait changer d’avis en disant que des prédicateurs saoudiens ont émis une fatwa interdisant le jihad en Syrie.

En vacances au Maroc, il a tenu quand même à marquer sa sympathie pour l’EI. Selon la loi anti-terroriste, il pourrait au moins être poursuivi pour apologie du terrorisme. Son procès aura lieu à la fin de l’instruction menée par le parquet compétent.

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