Pourquoi on ne change pas les listes électorales pour le prochain scrutin communal

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A chaque fois qu’une élection point à l’horizon, le ministère de l’Intérieur se met dans les starting-blocks, range ses troupes en ordre de marche et commence à s’y préparer… mais pas vraiment pour garantir un climat de saine concurrence et de totale transparence, mais pour pouvoir en assurer le contrôle à tous ses stades.

Et ainsi donc, parmi les questions qui sont traitées par le ministère de l’Intérieur  dans le plus grand secret et dans un silence encore plus grand, en affichant la plus superbe ignorance pour toute forme de critique, celle des listes électorales que le ministère veille à alimenter mais pas à changer, pas plus qu’il ne pence à les laisser en l’état pour basculer vers une opération électorale organisée sur la base de la carte d’identité nationale. La raison ? Et bien, cette question de la liste électorale entre entièrement dans le cadre de la démocratie « travaillée », partant du découpage électoral et arrivant à l’affectation des notables, à parts égales, à tous les partis politiques, en passant bien évidemment par les listes électorales qu’on laisse inchangées.

Le Maroc compte aujourd’hui plus de 25 millions de personnes âgées de plus de 18 ans, mais le nombre d’inscrits sur les listes ne dépasse guère la moitié.

Pourquoi le ministère de l’Intérieur ne voit-il aucun inconvénient à laisser la moitié du corps électoral, soit 12 millions de personnes, en dehors du jeu démocratique ? Parce que l’Etat, qui aime à être tenu, régionalement, pour le représentant d’une troisième voie entre la révolution et la dictature, une troisième voie qui serait la transition pacifique vers une vraie démocratie, ne veut surtout pas que soit éventée et révélée au grand jour sa fragilité démocratique, car si les effectifs des électeurs augmentent, le taux d’abstention suivra à son tour. Le ministère de l’Intérieur sait bien tout cela et sait encore plus que ce taux sera très élevé, et que dans le cas où les votants seraient 25 millions, le taux de participation ne dépasserait guère les 20%.

 

Ce faisant, nous cachons le soleil avec le doigt… Notre démocratie est aussi branlante que brinquebalante et la meilleure solution pour remédier à cela est encore de laisser passer la transparence et la crédibilité du scrutin, car persévérer sur la même voie de la supercherie ne peut qu’éloigner les Marocains encore plus qu’ils ne le sont déjà du jeu électoral et politique qu’ils associent toujours dans leurs esprits à la « magouille ».

Est-ce vraiment cela que nous voulons ?

Al Massae (édito)

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