Chantage à la webcam à Oued Zem

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 Oued Zem, cette bourgade située près de Khouribga, est en passe de devenir la capitale de l’extorsion et du chantage sur internet.

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La police judiciaire de Oued Zem a déféré devant le procureur général du roi à la cour d’appel de Khouribga un jeune homme de 21 ans, accusé de chantage et d’extorsion sur internet. Assbah nous apprend ainsi, dans son édition de ce week-end, que le jeune homme en question est poursuivi pour détournement de mineur, une charge qui vient s’ajouter à celles dans lesquelles il semble être passé professionnel, à savoir les arnaques et extorsions dont il s’est rendu coupable sur le web. Le prévenu s’est servi de vidéos pornographiques pour faire chanter ses victimes qui viennent de pays aussi divers que la Suède, l’Irak, le Koweit, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte ou la Jordanie.

Tchats hot

Le journal rapporte ainsi que l’accusé a été arrêté par la police en  possession d’une moto de marque et, surtout, d’un smartphone nouvelle génération qui a livré ses secrets. C’est ainsi lors de l’examen de l’appareil que l’instance judicaire a trouvé les sms échangés avec les victimes. Le prévenu finira par avouer qu’il allait minutieusement choisir ses victimes sur la Toile, notamment sur des tchats hot où il se faisait passer pour une jeune fille sexy. Il poussait ensuite ses proies à se dénuder et en profitait pour les filmer. Celui-ci aurait gagné, grâce ce plan vicieux, quelque 60.000 DH en quelques semaines. Une affaire aux inquiétants relents de déjà-vu. Ces pratiques consistant à piéger des internautes pour ensuite les faire chanter défrayent en effet régulièrement la chronique.

Aussi, Al Akhbar rapporte que la police judicaire de Casablanca a fait le déplacement jusqu’à Oued Zem pour interpeller quatorze jeunes âgés de 17 à 24 ans qui s’adonnaient aux mêmes criminelles malversations. Il est ainsi, semble-t-il, devenu monnaie courante pour les jeunes de la ville de Oued Zem de recourir à la traque sur internet et au chantage. Une vingtaine de jeunes, dans cette ville, auraient déjà écopé de peines de prison pour ces motifs. Mais il faut se rendre à l’évidence: le fait est que les parties civils sont quasiment inexistantes dans ce genre d’affaire, ce qui complique la condamnation des maîtres-chanteurs, les victimes étant soit à l’étranger, soit peu enclines à la dénonciation, par peur du scandale.

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Sans-titre-1Les chantages avec extorsion de fonds, sont devenus une des armes les plus utilisées par les cyberescrocs . Cette technique d’arnaque est particulièrement redoutable, quand exécutée par un cybercriminel averti. Bien que cette technique ne requiert aucune compétence technique particulière, une bonne connaissance de certaines réseaux sociaux offre toute les outils nécessaires à la réalisation de la supercherie. En effet, avec le développement du web 2.0 (possibilité pour les usagers de publier et administrer leur propre contenu), se construire une « vie » est devenu un jeu d’enfants. Les escrocs utilisent les réseaux sociaux facebook, hi5, netlog, etc., pour monter de toute pièces leurs personnages fictifs. Ils copient photos, vidéos, informations personnelles, mises en ligne dans la majorité des cas de façon abusive par des utilisateurs peu sensibilisés aux risques liés à Internet.

Une fois le personnage créé

(photos, histoire, identité, etc.), reste à trouver l’une des pièces essentielles de l’escroquerie: « la vidéo aguichante », sorte d’appât. Les criminels se procurent de longues séquences vidéos très aguichantes, présentant dans la majorité des cas jeunes filles aux formes généreuses (généralement des actrices de films pornographiques ou mannequin pour contenu d’adultes); trouvées sur les sites de tchat pour adultes ou des sites pornographiques. L’une des subtilités de cette technique est de sélectionner des vidéos dont le décor porte manifestement à croire que la scène se déroule dans un endroit privé (chambre d’hôtel, appartement privé, etc.), le tout pour créer l’illusion d’être en contact avec une fille qui propose de partager un moment coquin « intime ». Nombres de personnes (hommes)  tomberaient dans le panneau, tant les éléments corroborant les dires de l’escroc sont concordants.

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L’étape suivante est l’invitation au tchat par webcam

Prises sur InternetL’escroc propose à sa future victime d’entamer une conversation par webcam; au cours de   laquelle il diffuse via l’outil de conversation (skype, msn, etc.) les séquences vidéos aguichantes, en vue de faire croire à sa victime qu’il entame un tchat-sexy (strip tease, actes sexuels explicites, etc.). L’escroc prétend toujours avoir un problème de micro, car bien évidemment il prend le soin de supprimer le son de la vidéo, afin de ne diffuser que les images. Il invite alors son interlocuteur a lui emboîter le pas, c’est-à-dire se dévêtir, se masturber, et c’est de là que part le début des « ennuis ».

En effet, l’escroc n’a plus qu’a enregistrer d’un seul clic et à l’insu de sa victime, l’ensemble de la conversation vidéo. Une fois les vidéos compromettantes en sa possession, l’escroc réclame alors le versement de sommes d’argent sous menace de diffuser les vidéos sur Internet (Youtube, Youporn, etc.)! Il faut noter que cette technique peut également avoir pour cible des « Femmes » toujours en utilisant le même procédé, mais avec inversions des rôles. Quoique statistiquement les personnes de sexe masculin soient les plus affectées.

On imagine bien le désarroi d’une victime de tel chantage, quand elle évalue l’impact que pourrait avoir la diffusion d’une telle vidéo sur le plan professionnel, social, etc. Cette forme d’escroquerie ressemble à bien des égards au viol à quelques degrés de gravité près, car dans la majorité des cas les victimes n’osent en parler à personnes, même pas à la Police et préfèrent porter en silence et toute le poids de cette énorme source de stress permanent.

Bien sûr le choix raisonnable serait de tenter de régler l’affaire sans l’ébruiter, en cédant aux requêtes du maître-chanteur. Mais l’expérience montre que dans 90% des cas, le chantage ainsi que les extorsions de fonds ne s’arrêtent qu’après une dénonciation aux autorités répressives et l’ouverture de procédures judiciaires.

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Enfin la dernière variation de cette arnaque

Ce qu’il faut connaître, est que l’étape des menaces de prétendus agents de force de l’ordre. A ce stade, le cyberescroc ou les membres de son réseau, non content d’avoir extorqué des sommes parfois très importantes à leurs victimes, se font passer pour des agents de police ou de gendarmerie en réclamant davantage d’argent. Dans ce cas de figure, les délinquants extorquent de l’argent à leur victime en prétextant qu’elle doit payer une amende pour s’être adonnée à des actes présentant un caractère sexuel explicite sur Internet. Cette étape est d’autant plus critique que la victime dépitée aura tendance céder à la panique, ajoutant au sentiment de honte et au stress, la peur de se voir engagé dans une procédure judiciaire.

Chantage à la webcam

 

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