Mohammed VI rassure l’UE sur les ambitions africaines du Maroc

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Un discours du roi Mohammed VI lu par Salaheddine Mezouar au sommet UE-Afrique réaffirme les ambitions africaines du Maroc tout en se voulant rassurant pour l’UE et ses États membres.

À l’occasion du 4e sommet Afrique-Union européenne qui se tient mercredi et jeudi à Bruxelles, un discours royal lu par le ministre des Affaires étrangères confirme les ambitions africaines du Maroc.
Un terrain nouveau pour le Maroc, qui développe de plus en plus ses relations économiques avec l’Afrique de l’Ouest. Cette zone du continent représente désormais la moitié des flux d’investissements extérieurs du pays. L’appétit marocain pour ces marchés pourrait courroucer l’UE, et notamment la France solidement présente dans ces marchés qui furent ses colonies.

SM Mohammed VI s’est donc voulu rassurant envers l’Union européenne, premier partenaire économique du Maroc.

« La promotion volontariste de la coopération intra-africaine (…) n’exclut, en aucun cas, et loin s’en faut, l’approfondissement, en parallèle, des rapports mutuellement bénéfiques de l’Afrique avec ses multiples partenaires et en particulier, avec l’Union européenne et ses États membres », peut-on lire dans le message du souverain.

Cela étant, les objectifs du Maroc restent inchangés. Mohammed VI insiste sur « l’échange d’expériences et d’expertise en matière de capacités institutionnelles, de gouvernance et de qualification économique, par le renforcement des programmes de formation, universitaire et professionnelle et par le développement de la présence bancaire marocaine ». Il affiche sa foi en l’Afrique notant que « l’amélioration du climat des affaires est notable et les retours sur investissement en Afrique sont parmi les plus élevés au monde », relevant que la croissance africaine ne dépend plus uniquement des exportations de ressources naturelles, mais aussi de la consommation domestique.

Lire aussi:  Le roi Mohammed VI à Abidjan: « Triompher de l’Afro-pessimisme »

 

Dans un discours donné à l’occasion de l’ouverture du Forum marocco-ivoirien à Abdijan, le roi Mohammed VI est revenu sur la vision du Maroc quant à l’Afrique.

C’est la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan, que SM le roi Mohammed VI a choisi pour faire une de ses (très) rares sorties publiques. Présidant l’ouverture du forum maroco-ivoirien, le souverain en a profité…pour donner un discours.

Deuxième voyage royal en Côte d’Ivoire en un an: un retour qui, pour le roi, « permet déjà de mesurer l’évolution importante que connait la Côte d’Ivoire ». L’occasion également d’insister sur la vocation africaine du Maroc.
 Une vocation dont l’outil est la diplomatie, et la finalité, la prospérité partagée. « Aujourd’hui, c’est la dimension économique qui prime et constitue l’un des fondamentaux des relations diplomatiques. 

La coopération, hier basée sur la relation de confiance et les liens historiques, est, aujourd’hui, de plus en plus fondée sur l’efficacité, la performance et la crédibilité », a souligné le souverain.

« L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique »
Pour ce dernier, il n’y a plus de terrain acquis, ni de chasse gardée. Et
 tous les projets se valent, même s’il existe des projets d’importance nationale. Et de mettre en avant l’expérience marocaine. « Nos propres projets d’infrastructure sont entièrement réalisés sur la base de l’expertise marocaine, depuis la conception, jusqu’à la réalisation et la mise en œuvre… »

Mais « il y a aussi des projets qui, bien qu’étant de moindre envergure, revêtent une importance particulière. Car ils touchent directement les citoyens… » continue le roi en prenant pour example un village de pêche qu’il lance en Côte d’Ivoire. Partant, le message royal se veut clair: « l’Afrique peut se prendre en charge ». A l’assistance doit se substituer des partenariats et à l’aide humanitaire doit se substituer le développement humain. Pour cela, « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».

Pour une coopération triangulaire
Pour faire face à ces nombreux défis, le Continent doit multiplier les partenariats bénéfiques avec les nombreux pays développés et bénéficier des opportunités qu’offre la coopération triangulaire, « outil novateur, facilitant la conjugaison des efforts et l’optimisation des moyens ».

 Celle-ci passe inévitablement par des pays comme le Maroc. Evoquant la place centrale du secteur privé dans ce processus, le roi a souligné que celui-ci gagne à se tourner vers l’agriculture, l’industrie, la science et la technologie, et le développement des infrastructures. Pour l’y aider, le secteur public se doit d’être « efficace, porteur et compétent ».

« L’Afrique voit chaque jour s’ouvrir à elle de nouvelles voies pour atteindre la prospérité des générations futures. Elle y aura d’autant mieux accès, lorsqu’elle parviendra à triompher de l’Afro-pessimisme ». Le développement est décidément, une prédisposition à le recevoir.

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