Deux détenus de Guantanamo rapatriés en Algérie contre leur gré

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Djamel Ameziane et Bensayah Belkacem, deux détenus algériens à la base navale de Guantanamo ont été rapatrié contre leur gré vers l’Algérie, au moment où les autorités algériennes ont émis un avis sans objection. Les deux ressortissants craignent d’être persécutés en Algérie. Une crainte injustifiée, selon Me Ksentini , d’autant qu’aucune charge ne pèsent sur eux en Algérie.

Les Etats-Unis ont rapatrié en Algérie contre leur gré deux prisonniers de la base militaire américaine de Guantanamo, a annoncé ce jeudi le Pentagone dans un communiqué.

Djamel Ameziane, 46 ans, et Belkacem Bensayah, 51 ans ont été amenés à la base américaine au début de 2002 et détenu au camp de brut de prison Camp X-Ray. En Janvier 2010, un groupe de travail de l’administration Obama a approuvé leur transfert  « dans un pays qui mettra en œuvre les mesures de sécurité appropriées. »

Un porte-parole du Pentagone a déclaré que le gouvernement « prenait toutes les précautions pour mener chaque transfèrement en accord avec ses critères et sa politique de droits de  l’homme ». « En accord avec la Convention contre la torture (…), les Etats-Unis appliquent scrupuleusement leur engagement de ne pas transférer des détenus dans des pays où nous pensons qu’ils encourent la torture (…) et nous évaluons avec sérieux tous les risques de mauvais traitements et de persécutions » avant toute décision.

Les autorités algériennes ont émis un avis sans objection à la demande américaine de rapatriement vers l’Algérie, le 4 décembre 2013, des deux ressortissants algériens, selon une source proche du dossier citée par l’APS.

Sur la base des engagements convenus avec la partie américaine depuis 2007, et en conformité avec la pratique utilisée lors des transferts précédents de ce type, la prise en charge de ces ressortissants tant par les services spécialisés que par les instances judiciaires compétentes, est mise en œuvre en application des procédures légales en vigueur en la matière, précise la même source.

Des craintes injustifiées, selon Me Ksentini

Les deux prisonniers refusaient d’être transférés en Algérie, où ils n’ont plus de famille et craignent de subir des violences, selon leurs avocats.  Djamel Ameziane, qui a vécu en Autriche et au Canada, demande de  rentrer au Canada depuis qu’il a été déclaré libérable par l’administration Bush en 2007. Il a refusé son transfert vers l’Algérie par craintes de persécutions. Belkecem Bensayah réclame, lui, son retour en Bosnie, où il a été arrêté en 2002 et où vivent sa femme et ses filles. Si les Etats-Unis l’envoient en Algérie, où il n’a plus de proches et n’a pas vécu depuis plus de 20 ans, ils le condamneront à la perte définitive de sa famille, estime son avocat.

Selon Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), « les deux détenus algériens à Guantanamo ne risquent rien en Algérie, car ils ne sont coupables de rien ». Pour lui, il n’y a « aucune anomalie » dans leur accueil en Algérie, d’ « autant qu’ils jouissent de la nationalité algérienne », jugeant leur crainte « injustifiée » et « inutile ».

« C’est tout à fait normal qu’ils soient rapatriés en Algérie, comme les autres détenus déjà libérés de Guantanamo et sur lesquels ne pèsent aucune charge », a-t-il ajouté, estimant le nombre de détenus algériens libérés de Guantanamo à plus de 10 personnes.

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