Un Haj marocain arrache sa fille d’une zone de combat au Yémen

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Grand-père courage a 70 ans, il est amazigh et s’est rendu au Yémen dans une zone de combat pour sauver sa fille Samira.

Haj Hatem Ben Hemmou, 70 ans, avait juré qu’il ne quitterait le Yémen qu’une fois qu’il reverrait sa fille.

Le vieil homme a fait le voyage de Fès pour se rendre à Dammaj, dans le gouvernorat de Saada au Yémen où plusieurs régions du pays échappent au contrôle du gouvernement. «Je resterai assis sur cette pierre jusqu’à ce que vous ayez ramené ma fille », affirme le septuagénaire, comme le rapporte le site web du Comité international de la Croix rouge (CICR).

En effet, la région de Dammaj vit depuis octobre d’intenses combats entre les rebelles Houtis (chiites) et les sunnites que ces derniers accusent de vouloir prendre le contrôle de la région.

 

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La fille de Haj Hatem, Samira, vivait depuis cinq ans au Yémen. Tout commence quand le le vieil homme apprend une terrible nouvelle il y a deux mois : la mort de son gendre. Sa fille, enceinte, et ses petits-fils (1 et 3 ans) sont bloqués à Dammaj où ils pleurent le père mort suite à l’explosion d’un obus de mortier.

«Elle m’a dit que les combats l’empêchaient de quitter la ville, donc je lui ai promis d’aller la chercher», explique Haj Hatem, comme le surnomment les gens au Yémen.

Grand père courage est retraité, ne parle pas arabe, mais uniquement berbère et un français «rudimentaire», selon le CICR. Il est hébergé par la population locale et a dû attendre deux mois son visa puis plusieurs jours avant d’arriver au village où se déroulent les affrontements.
Il tape d’abord à toutes les portes avant de décider de se rendre de lui-même dans une région où les combats sont parfois engagés à l’arme lourde. «On m’a dit que j’étais fou et que si j’y allais seul, je mourrais. Je leur ai répondu : “Si je dois rentrer chez moi sans ma fille, c’est mon cœur qui mourra”», raconte-t-il à la Croix rouge.

Haj Hatem apprend le 4 novembre qu’un convoi du CICR se rend dans l’épicentre des combats pour rapatrier les civils. Sa fille, sur le point d’accoucher, n’en fait pas partie dans un premier temps. De plus, l’urgence était de rapatrier les personnes blessées par les combats et qui sont au nombre de 23. Il menace de se rendre à pied pour délivrer sa fille.

Heureusement, le vieux Haj n’aura pas à le faire. Samira sera évacuée quatre jours plus tard, le temps que le CICR obtienne les garanties de sécurité nécessaires pour mener à bien l’évacuation. Avec l’aide de l’ambassade marocaine, le vieil homme et sa fille rentrent au bercail.

«Papa est là, tout ira bien, Al-Hamdoulillah, répète Haj Hatem, la nuit du départ, tandis que son petit-fils aîné tire sur sa barbe blanche en riant aux éclats », peut-on lire sur le site du CICR.

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