BTP : l’Aid Al Adha stop le secteur

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Les chantiers du BTP connaîtront une désaffection totale durant la deuxième quinzaine d’octobre. Les professionnels du secteur y sont déjà préparés, mais espéraient que la fête n’arrive pas en plein mois d’octobre.

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Chaque année, c’est la même rengaine dans le secteur du BTP : combien donc dureront les vacances des ouvriers ? Allant d’une dizaine de jours, elles peuvent en atteindre vingt, voire un mois, selon les cas. « Notre activité peut fournir un cas d’étude, à part aux sociologues », lance d’emblée Mostafa Meftah, directeur délégué de la FNBTP (Fédération nationale du BTP).

Ouvriers non qualifiés, les travailleurs du bâtiment sont, pour leur plupart, originaires du monde rural. Pour eux, l’Aid Al Adha est une sorte de congé annuel dont la durée dépend, certes, de l’entreprise, mais aussi des salariés eux-mêmes et du lieu de résidence de leurs familles.

« Il serait compliqué d’empêcher des milliers d’ouvriers originaires pour la plupart du sud du Maroc de célébrer les fêtes d’Al Fitr et Al Adha comme ils l’entendent. Nous ne pouvons pas, non plus, leur demander de faire le trajet en 48 heures », réplique Jawad Ziyat, DG de Prestigia.

De son côté, Mostafa Meftah nuance : « Ce n’est que justice. L’entreprise s’adapte, certes, aux habitudes et à la culture des ouvriers. Mais les ouvriers eux aussi font montre d’un sens inouï d’adaptation lors de période de canicule ou encore pendant le mois de ramadan ».

Octobre, une date délicate

Désormais, les entreprises du bâtiment savent à quoi s’en tenir. Toutes sont conscientes qu’elles doivent inclure dans leurs plannings de production annuels ces « périodes creuses » où les chantiers sont à l’arrêt pour un bon moment. « C’est le seul moyen qui s’offre à nous si on tient à respecter les délais de livraison promis initialement. Espérer un changement de comportement est peine perdue », ajoute Jawad Ziyat.

Cet avis est partagé par Domènec Victoria Planas, responsable chez Copisa Maroc. « La première année de notre installation au Maroc, nous avons été étonnés de voir que tout le monde quittait les chantiers durant la période de l’Aid. Certes, nous avons été prévenus à notre arrivée au Maroc, mais nous n’imaginions pas que cela pouvait atteindre une telle ampleur ».

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On l’aura compris, la fête du sacrifice, avec tout ce qu’elle engendre comme arrêt de l’activité économique, n’est plus une surprise pour personne. Mais cette année, elle semble arriver à un moment délicat. « L’idéal serait que l’Aid tombe en pleine saison des pluies », lance Jawad Ziyat.

Le fait que l’Aid soit célébré en plein hiver éviterait des arrêts répétitifs.  « Cette année, la fête arrive en plein milieu d’octobre, un mois où généralement l’activité bat son plein. Les cimentiers, comme d’autres intervenants dans le secteur des matériaux de construction, enregistrent de grands scores durant cette période. En prévision des précipitations, les entreprises de construction accélèrent le rythme pour boucler les chantiers avant la fin de l’année », explique Ahmed Bouhaouli, directeur délégué de l’Association professionnelle des cimentiers.  

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