Une vieille dame sauvée par la mobilisation des internautes

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Elle s’appelle Roukia et vivait jusque-là dans un taudis, dans un douar reclus de la région du Souss. Grâce à la mobilisation d’un site local et à la pression d’internautes, elle a été prise en charge par une maison de retraite.

C’est pour une fois une histoire qui se termine bien. Cette histoire, c’est celle de Roukia Mouh, une vieille femme complètement abandonnée à son sort et qui a fini par recevoir l’aide dont elle a besoin grâce à la mobilisation d’un journaliste et d’internautes.

Les faits se déroulent à Douar Azrine, dépendant de la commune de Sidi Boushab dans la région de Chtouka Aït Baha, au sud du royaume. Tout commence vendredi 23 août. Abdeslam Chtouka, militant associatif au CMDH (Centre marocain des droits humains) et directeur du site régional Chtouka 24 reçoit une jeune femme qui lui raconte l’histoire d’une de ses parentes qui vit quasiment recluse dans son douar. Cette parente a bataillé durant des années pour trouver une place à la vieille dame dans une maison de retraite. Sans succès. Elle sollicite donc l’aide de ce militant.

Abdeslam Chtouka décide de se rendre au douar, pour aller à la rencontre de cette femme. «Je ne sais pas si l’on peut qualifier l’endroit où elle vit de maison. Il s’agit plutôt d’une grotte. Il s’en dégage une odeur fétide. Elle y vit toute seule et reste cloitrée toute la journée là-bas», nous raconte ce militant.

La vieille dame vit avec son mari qui mendie et ne rentre à la «maison» qu’en fin de journée. Atteinte d’une hémiplégie, elle ne peut pas se déplacer de son lit. Abandonnée de tous, elle ne sort pas de cette petite chambre, qui fait même office de toilette.

Sauvée par une vidéo
Abdeslam essaie de l’interroger sur ses conditions de vie et filme le tout, mais la dame a du mal à mettre des mots sur son calvaire. Elle parle uniquement amazigh et n’a pas de papiers d’identité: pas de carte nationale ni d’autres documents. «Elle vivait vraiment en marge de tout. Quand on lui parle de ses conditions de vie, elle vous dit « Al hamdoullilah » et ne donne pas plus de détails. C’est une femme plutôt dure», explique-t-il.

Le militant décide de se rendre à la maison de retraite la plus proche, celle d’Inezgane, qui refuse dans un premier temps de la prendre en charge arguant le fait qu’elle est malade et doit se rendre à l’hôpital.

Pour accélérer les choses, Abdeslam Chtouka décide de médiatiser l’affaire. Sur son site, il diffuse dimanche 25 août une vidéo poignante filmée dans la maison de Roukia. C’est le buzz : le document est visionné par plus de 16.000 personnes. Plusieurs internautes appellent le site et relaient l’information: certains proposent d’héberger la vieille dame tandis que d’autre offrent leur aide financière ou leur appui moral. «Nous avons  dû  aussi jouer de nos contacts pour convaincre les autorités locales de l’héberger», ajoute encore Chtouka.

Au final, la mobilisation servira à quelque chose. Dès le lundi, une ambulance se rend sur les lieux et emmène la dame à la maison de retraités. «Au début elle s’est interposée. Elle est très âgée et avait peur qu’on lui fasse du mal. Une fois installée à la maison de retraite, elle s’est rapidement calmée».

Abdeslam Chtouka garde un enseignement de cette affaire: «dans ce pays, il y a des gens malveillants, mais aussi beaucoup de personnes bienveillantes qui se démènent comme elles peuvent pour changer les choses». Aux dernières nouvelles, Roukia Mouh se porte bien. Et pour une fois, nous avons une histoire qui se termine en happy end.

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