L’Algérie, pays de chômeurs ou de fainéants ?

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Le chômage, plus que le terrorisme, la corruption ou l’analphabétisme, c’est incontestablement le mal absolu qui ronge l’Algérie depuis des années. Ce fléau n’a jamais cessé de défrayer le chronique dans un pays majoritairement jeune et où les diplômés sont de plus en plus nombreux à quitter les bancs de l’université.

Un taux de chômage qui cache une réalité beaucoup plus amère 

Le chômage, l’ennemi numéro un de la stabilité en l’Algérie, un pays dont les tirelires sont, pourtant, pleines à craquer. Les chômeurs, cette frange de la société est plus que crainte aujourd’hui à cause de ces manifestations spontanées organisées notamment au sud du pays. Oui, les chômeurs existent bel et bien en Algérie. Ils sont, d’ailleurs, beaucoup plus que 10 % de la population algérienne, comme veut nous faire croire le ministère du Travail, d’après lequel le taux de chômage dans notre pays est uniquement de 9 %. Un taux faussement calculé, dénoncent depuis toujours plusieurs économistes. A ce titre, une étude de Carnegie Moyen-Orient qui portait sur « les défis de l’emploi au Maghreb », a prouvé récemment que c’est plutôt la pression sur le marché du travail qui a été réduite en Algérie, comme dans les autres pays du Maghreb, et non pas le chômage.

 

C’est dire que le taux de chômage inférieur à 10 % cache, en fait, une réalité plus mitigée, et beaucoup plus amère. En effet,  cette baisse du chômage en Algérie demeure un leurre car dans la réalité, les jeunes Algériens, notamment les jeunes diplômés, n’ont jamais subi aussi cruellement le chômage que durant ces dernières années.  En réalité, l’étude de Carnegie prouve que c’est la baisse de la fécondité et la faible participation des femmes qui ont réduit considérablement la pression sur le marché du travail en Algérie. Ce sont ces deux indicateurs socio-économiques qui expliquent la baisse du chômage dans notre pays.

Mais à analyser de près, le chômage des jeunes âgés de 15 à 29 ans reste très élevé en Algérie. D’ailleurs, le chômage des jeunes de cette tranche d’âge dépasse depuis des années dans notre pays les 21 %. De plus, la qualité des emplois offerts à ces jeunes « ne sont le plus souvent pas adaptés aux qualifications de ces jeunes, en tout cas pas à leurs attentes », conclut l’étude de Carnegie Moyen-Orient. Les chômeurs sont donc nombreux en Algérie. Mais au contingent des chômeurs, il faudrait ajouter aussi celui des fainéants, qui sont également très nombreux en Algérie. Et ce n’est pas les entrepreneurs, les chefs d’entreprises, les patrons et les sociologues qui contrediront ce constat.

« Le pétrole empêche les Algériens de travailler »

Ces derniers déplorent à chaque fois la légèreté qu’entretient l’Algérien avec le travail. Preuve en est, de nombreux emplois à pourvoir en Algérie ne trouvent pas preneurs. Les entreprises regrettent même une pénurie de main d’oeuvre alors que le pays souffre du chômage ! Ces chômeurs ne veulent donc pas travailler ? « Non, ils veulent tous devenir directeurs ou agents de sécurité, c’est-à-dire avoir un salaire sans fournir beaucoup d’efforts ! C’est cette mentalité qui créé le chômage en Algérie », dénonce, pour sa part, un chef d’entreprise qui dirige une PME en quête de travailleurs sérieux, mêmes pas qualifiés, depuis des mois ! La légendaire fainéantise des Algériens n’est donc pas un mythe. Notamment pour les Algériens eux-mêmes :

 

Des sociologues ont même expliqué cet état d’esprit par la logique économique rentière qui a fini par défiguré les rapports sociaux en Algérie.   »De mon point de vue, le pétrole a été pour l’Algérie un handicap et une malédiction et a poussé vers les situations rentières. Il a rompu le lien entre l’effort et le revenu, entre le travail et la richesse et, de ce point de vue, les futures générations en Algérie sont en danger. Le pétrole empêche les Algériens de travailler », a analysé, à ce sujet, le sociologue algérien Lahouari Addi.

Qu’en pensent les Algériens ? A qui la faute ?

Chaque Algérien a donc un puits de pétrole dans sa tête ? Assurément oui puisque l’effort n’est plus une nécessité  sociale et n’a aucunement une valeur morale aux yeux des jeunes algériens lesquels préfèrent attendre leur part du gâteau au lieu d’aller faire le pas pour la couper eux-mêmes…

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