Des amazighs menacent de mort le salafiste El Kettani

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45393de5f62dafee05dc8e062944613eIslamistes et amazighs ne font pas bon ménage. L’incident des menaces, supposées, de mort contre le salafiste Hassan El Kettani est le dernier épisode de la longue série des relations tumultueuses entre les deux mouvements.

La tension entre la mosaïque des mouvements amazighs et certaines têtes d’affiche du courant salafiste, vient de monter d’un cran. Hassan El Kettani, condamné à 20 ans de prison pour son implication présumée dans les attentats du 16 mai 2003 et gracié en février 2012, annonce, mardi sur sa page facebook,  que son intégrité physique est menacée par des appels téléphoniques anonymes mais qui les a attribués à des « activistes nationalistes berbères ». Aussitôt, une autre figure de proue du salafisme marocain, Omar Haddouchi, également emprisonné pour les mêmes accusations et relaxé dans les mêmes circonstances qu’El Kettani, jette de son côté de l’huile sur le feu. Dans une sortie médiatique, comme il en a le secret, il a traité les amazighs d’ « agents à la solde des juifs, fils des singes et des porcs ».  Voilà qui n’est pas dans le sens d’apaiser la tension entre les deux clans.

El Kettani contre la célébration de l’année amazighe

Cet incident nécessite une simple enquête de la police afin de s’assurer de la véracité de ce qu’avance Hassan El Kettani, sachant que les menaces de mort proviennent, comme il a écrit sur sa page facebook, d’appel téléphoniques. En attendant une telle mesure, force est de constater que les relations entre ce cheikh et les mouvements amazighs ne sont guère cordiales. Et c’est un euphémisme. A l’occasion du nouvel an amazigh, le 13 janvier, El Kettan  s’est dit hostile à une telle célébration. Il n’a pas hésité à tancer son camarde, Abdelouahed Rafiki, alias Abou Hafs, libéré également en février 2012, parce qu’il a osé présenter ses vœux à ses « oncles amazighs » à cette occasion, au point de l’accuser de réveiller «des séparatismes des temps de l’ignorance antéislamique, de célébrer une fête que ne reconnaissent les musulmans et que la charia interdit, donnant ainsi, raison aux laïcs, combattant la foi musulmane dans la société».

Des salafistes qui rivalisent avec Benkirane

Les législatives du 25 novembre 2011 marquent un tournant dans la relation entre les islamistes et les amazighs. Le PJD au gouvernement tente, comme il peut, de modérer son langage à l’égard des bérbères, d’ailleurs plusieurs leaders de la Lampe sont issus de cette composante de la société marocaine, Abdellah Baha, Saâd Dine El Otmani, Lahcen Daoudi, Habib Choubani pour ne citer que ces noms.  Et comme la nature a horreur du vide, la place laissée vacante par les PJDistes est revenue aux salafistes.

Hassan El Kettani et Omar Haddouchi, tentent à leur manière, de jouer les mêmes rôles qu’autrefois incarnés par Abdelilah Benkirane ou le député Abou Zaid Idrissi. Mais même avec un leader comme Benkirane à la tête du gouvernement, les écarts de langages sont toujours possibles. Début février devant le parlement, il lançait que « les amazighs sont des gens simples qui mangent peu et passent leur temps à danser et chanter au rythme du bendir ».

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