Face à l’absence d’hygiène, les autorités se cantonnent dans un silence complice

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Intoxications-alimentaires-Maroc-(2011-05-31)

De multiples questions sont posées et continuent d’interpeller le consommateur marocain, concernant la qualité de la nourriture consommée dans notre pays, le degré d’efficacité des contrôles d’hygiène et les produits alimentaires de manière générale. Les citoyens sont convaincus, aujourd’hui, qu’ils consomment chaque jour plus de produits toxiques et plus d’aliments impropres. Dans les quatre coins du pays, ils se sont habitués à voir la viande exposée durant de longues heures sur des étals non frigorifiés, subissant chaleur, humidité, piqûres d’insectes, touchers multiples de la part des clients, etc… Qu’elle vire parfois à une couleur bleuâtre, qu’on y trouve occasionnellement des vers, la viande hachée, achetée chez des bouchers ou des vendeurs de sandwichs ambulants, est souvent à l’origine de graves intoxications alimentaires mais… qu’importe, l’adage marocain, ne dit-il pas que «ce qui ne tue pas …engraisse»?
Chez les volaillers, la situation n’est guère plus brillante.
Le poisson, quant à lui, est décongelé, sous les puissants rayons du soleil, puis recongelé sommairement par la pose de quelques petits morceaux de glace sur chaque caisse et ainsi de suite jusqu’à sa vente définitive…Par ailleurs, et dans plusieurs villes et villages, l’abattage clandestin a encore de beaux jours devant lui. Des animaux sont saignés ou égorgés au bord de différents points d’eau (flaques, mares, oueds…), d’une saleté parfois repoussante. Ces opérations ont souvent lieu sous les ponts, près des décharges publiques. Et si les consommateurs étaient mieux informés sur toutes les magouilles dont usent ces «soi-disant commerçants » afin d’écouler leurs produits gâtés et réaliser des bénéfices rapides, peu d’entre eux continueraient à leur faire confiance. Toutes ces infractions sont commises au vu et au su de tout  monde sans que personne n’y trouve à redire!
Tout se sait ! Et pourtant…
Woman with stomach issues
 Les services d’hygiène et les fonctionnaires chargés des contrôles ne semblent pas être investis d’une  mission sanitaire quelconque. Mieux encore, dans les souks populaires, les gâteaux couverts de poussière et maculés de saletés font le bonheur des petits enfants qui les consomment avec appétit. La même scène se répète devant les écoles, où des marchands ambulants vendent quotidiennement des «friandises», comestibles, semble-t-il. Aucun endroit n’est épargné. Même au bord de la route, des individus crasseux, proposent de l’huile d’olive dans des bidons sales, récupérés parfois dans les décharges publiques, ou vendent du beurre, du petit lait … sans que cela n’inquiète personne, ne serait-ce que pour chercher à en connaître l’origine!
De Fnideq et Beni Drar (région d’Oujda)  transitent quotidiennement des tonnes de produits alimentaires dont une grande partie est périmée. Cette marchandise (ou plutôt ce poison) est écoulée au vu et au su de toutes les autorités concernées, dans chaque village et chaque ville du Royaume. Ce trafic, très lucratif du reste, est concentré entre les mains de mafias spécialisées. Elles se contentent juste  de changer les dates de péremption et d’en assurer l’écoulement dans les quatre coins de notre pays … Mais alors qu’en est-il du contrôle censé être fait au niveau de nos frontières?
Certes, nourrir des populations de plus en plus nombreuses, est aujourd’hui une équation difficile à résoudre et l’usage des pesticides est devenu de nos jours un choix incontournable si on veut parvenir à nourrir toute l’humanité. Mais il y a des lois à respecter, des normes à ne pas dépasser et un seuil qu’il ne faudra, sous aucun prétexte, franchir…
Face à des marchands sans scrupules et une clientèle pas du tout exigeante, on ne peut s’attendre qu’au pire. Un réel danger  guette la santé des Marocains et tous les dommages ou préjudices susceptibles d’y nuire devraient être pris au sérieux.
[box type= »alert » size= »large » style= »rounded »]Statistiques : 224 000 restaurants contrôlés en 2009 par le ministère de la santé En 2009, le ministère de la santé aura effectué quelque 220 400 contrôles d’hygiène des lieux de restauration, 24 000 examens médicaux des employés, 9 700 analyses bactériologiques d’échantillons alimentaires et a organisé 106 700 actions de sensibilisation. 152 incidents ont causé 704 intoxications alimentaires collectives. Par ailleurs, le CAPM note, dans sa rétrospective des 20 ans sur les IA (1989-2008), que la circonstance accidentelle représentait 98,3% des cas alors que la circonstance volontaire était de 1,7%. Les maladies d’origine alimentaire (MA) sont survenues à domicile dans 76,8%, dans un lieu public dans 19,8% et sur le lieu de travail dans 3,1%. Les MA étaient isolées dans 68% des cas et collectives dans 32% des cas. Selon la catégorie des aliments incriminés, les produits laitiers étaient à l’origine de 26,4% des cas notifiés, le poisson et produits de la pêche de 20,3% des cas, les viandes et produits carnés de 18,2% des cas et le reste des aliments 35,1% des cas. Dans la catégorie des produits laitiers, le petit lait (lben) représentait 51,2%, le lait 33,8% et les autres produits laitiers 15%. L’étude des caractéristiques cliniques a montré que 85,9% des cas des MA étaient symptomatiques et selon la classification WHO ART (Terminologie des événements indésirables selon l’OMS), les signes du système gastro-intestinal représentaient 91% et les troubles du système nerveux central et périphérique 4,1% n Qui contacter en cas d’intoxication alimentaire : 0801 000 180 (numéro économique) et 05 37 68 64 64.[/box]

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